Lundi 14 septembre 2009
Je suis enfin entré dans l'antre qui encra mes désirs dans ma caboche. Lors de mes nombreux passages devant cette enseigne, je n'osais franchir son seuil. Par peur du ridicule sans doute, par carence économique certainement. Mais le déjeuner nippon et la présence d'un ami qui mérite d'être par sa folie et ses impulsions contrôlées m'ont poussé à faire la nique à cette névrose... A moins que l'homéopathie prescrite ces derniers temps aient des effets secondaires loin d'être dégueulasses.

Je pousse la porte, non sans une certaine crainte du regard du tenant de la boutique que je crains élitiste, et respire à plein poumon cette poussière caractéristique du vieux que l'on retrouve dans pas mal de grenier ou de maisons de vacances laissées à l'abandon. Seul parfum qui éveille les souvenirs lointains et surtout bons. C'est la partie pour l'odorat. Le toucher va bientôt s'en donner à coeur joie. Pour le moment, c'est la vue qui prend la plus grosse partie des performances de mon être... Des rayons de vinyles à en lâcher les vannes urinaires tant l'émotion de la jeune pucelle que je suis fut au maximum.

Oui, j'ai eu le mauvais goût de naître à Montauban au début des années 80, ce qui eut pour conséquence la rareté du disquaire (seul le Mammouth de la ville proposait un ridicule bac de vinyles à l'entrée) et la première fois que je me suis aventuré dans une FNAC, le laser avait déjà pris ses aises...

La recherche de perles rares a succombé en un rien de temps puisque seuls les cadors viennent ici pour acquérir des 33 tours, les autres passants sont des curieux d'une vingtaine d'années qui se demandaient à quoi ressemblaient ces étranges objets qu'usaient leurs parents dans leur mange-disque (bande de petits salauds) Ainsi, je n'ai pas eu grand mal à retrouver le 33t de Pierre Henry qui m'entête depuis pas mal de temps... Outre le thème de Psyché Rock qui reste l'un de mes morceaux psychés favoris, son Voyage angoissant et enivrant prend toute sa saveur en version vinyle. Essaye de l'écouter dans une obscurité totale sous tes draps, ami lecteur, et tu retrouveras les angoisses spécifiques de ton enfance quand venait la nuit. Les crépitements caractéristiques du disque ajoutent une part de cette authenticité perdue dans la compression numérique ou le MP3.

Car ce sont ces imperfections, contradictoires avec la qualité sonore de l'objet qui se rapproche de la perfection, que je recherche en premier lieu. Ce que le disquaire a visiblement eu du mal à entendre. Faut le comprendre : lui qui s'emmerde à passer les disques qu'il récupère à l'alcool afin de rendre la grosse galette lisible, voir en face de lui une pucelle qui s'émoustille quand une rayure se fait entendre peut provoquer une certaine haine. Mais bon... Les MP3 sont là pour palier à ce problème, non ?

Pas de rancoeur de sa part à mon départ - et après avoir réglé une note assez corsée car je me suis aussi pris les deux albums best-of des Fab Four - puisqu'il a eu la générosité de m'offrir un 33 tours live de Joan Baez lors de l'une de ses tournées européennes. Un peu de folk contestataire en ces temps si maussades, ça reste de bon aloi.

Et puis, j'ai enfin trouvé quelqu'un à qui refourguer les ignobles 33 tours de J-P Smet collectionnés par mon géniteur... I'm so sorry, Daddy : I've lost Johnny !

Jim Noir - Good old vinyl
Par Gawoul - Publié dans : In my ears
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Mercredi 9 septembre 2009
Si George Eddy s'efforce à écouter Jane Birkin tous les matins pour préserver son accent anglo-saxon, je fais de même avec le Taureau de la Garonne afin de disposer de cet accent chantant qu'envient les correspondants téléphoniques du nord de la Loire...


Aujourd'hui, Claude Nougaro devait avoir 80 ans... Bon anniversaire, Monsieur Claude.

Michel Legrand - Le Cinéma
Par Gawoul - Publié dans : In my ears
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Mardi 1 septembre 2009
Parfois, on a envie de hurler jusqu'à plus soif. Histoire de décompresser un tout petit peu, évitant ainsi un massacre digne de Columbine façon cassoulet.

Parfois, on tente de mimer une mauvaise scène de comédie musicale façon 70's où, seule dans sa chambre au milieu de peluches et de polochons rose bonbon, la jeune adolescente bourgeoise mais pas farouche se met à péter un câble en déchirant tout le luxe mis à sa disposition puis chantant sur une musique cabaret-rock que le moment est venu à son émancipation et qu'elle s'apprête à rejoindre Johnny Depp qui l'attend à moto en bas (je serais toujours redevable à John Waters pour ce type de songe rebelle anti-républicain)

Puis, parfois on découvre au détour d'une chronique télévisée de sa putafrange préférée Florence & The Machine, la bande originale qu'il nous fallait pile à ce moment-là. De la grâce auditive comme jamais t'en as eu, du merveilleux qui te transporte et te donne autant de cran que nécessaire pour affronter tous les dilemmes que tu pourrais avoir...

Mektoum, vous dis-je ! Mektoum !


Florence & The Machine - Kiss with a fist

Florence & The Machine - Rabbit heart (Raise it up)
Par Gawoul - Publié dans : In my ears
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Lundi 31 août 2009
Je dois avoir une névrose ridicule ou une tumeur dans ma cervelle qui traîne depuis pas mal de temps, mais j'ai tendance à deviner le moral des troupes rien qu'en levant les yeux au ciel.

Le rouge du ciel de Novembre appelle au renouveau et au changement de vie, objectifs qui ont vite fait d'être éloignés de chacune des pensées. Les lumières qui précèdent la veillée de Noël remplissent les esprits de courtoisie et de paix intérieure, élan de spiritualité oblige. La grisaille du mois de Janvier traduit quant à elle la déprime collective à la mode en cette période. Les giboulées de Mars contiennent la frustration de l'envie printanière qui ne répond pas. La clarté et le bleu des mois estivaux soulèvent enfin l'hystérie collective et le bonheur d'user enfin de quelques jours de liberté salariale - du moins pour ceux qui en ont la chance.

Puis il y a ce connard de ciel de Septembre...

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Le bleu caractéristique de l'été est toujours là, mais il commence sérieusement à flancher au profit d'une rosée appelant à la fraîcheur et à la difficile reprise des négociations patronales quotidiennes. On se raidit par la baisse soudaine des températures, posture idéal pour emprunter le chemin du bureau. On efface ce sourire niais issu de l'hystérie d'Août pour prendre la mauvaise gueule de la rentrée. On sent que les beaux jours sont désormais derrière nous. Il faut désormais prendre le courage de traverser la rude épreuve des dix mois de déprime en espérant arriver à bon port sans trop de traumatismes.

Allez ! Courage, camarade !

Richard Cheese - Another brick in the wall
Par Gawoul - Publié dans : In my eyes
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Mardi 25 août 2009
Chrysanthème dit :
Je vais mettre un peu de musique... Tu connais Benjamin Biolay, Glory Hole ?

Gawoul dit :
Je suis trop dépressif en ce moment pour me taper Biolay...  Dans les oreilles, j'entends.

Chrysanthème dit :
J'avais compris, je n'ai pas osé relever... Toujours préoccupé par tes Macs ? Ou M. a été adorable et ça te met dans tous tes états ?

Gawoul dit :
M. ne m'adresse plus la parole et c'est la seule chose positive qui me soit arrivé depuis quelques mois... Non c'est périodique, ça résulte des questions existencielles qui pourrissent l'homme pathétique que je suis.

Chrysanthème dit :
Ne t'en fais pas une montagne

Gawoul dit :
"Suis-je un bon camarade de jeu ou me déteste-t-on ?",  "Suis-je un bon travailleur incompris ou mon incompétence m'a emmené vers cet ignoble chemin ces derniers temps ?", "Pourquoi des Marlboro Menthol ?"

[...]

Gawoul dit :
Bref, pas mal de questions qui me turlupinent...

Chrysanthème dit :
Les menthol, c'est juste parce que bien que tu sois un bon camarade de jeu, un bon travailleur, pédé de surcroît, tu as tout de même un goût de chiottes hérité de ton enfance montalbanaise...
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Mardi 18 août 2009
L'odeur de l'iode poussée dans nos narines par la chaleur fait place à celle du plastique des cahiers d'école et des nouveaux cartables que l'on s'empresse d'essayer en attendant le jour où nous retrouverons le bitume de la cour d'école. Le sable fin ne coulera plus entre nos doigts pour un long moment mais nos mains auront la joie d'être envahies par le calcaire de la craie pendant une dizaine de mois. Le trac ne s'estompe pas, mais au contraire augmente au fur et à mesure que les jours s'écoulent... Est-ce qu'eux seront là pour partager cet abandon de liberté pour le compte de quatre murs, d'un tableau et d'un instructeur dépressif ? Ou faudra-t-il de plus affronter la curiosité de ces inconnus déjà bien installés sur ce terrain depuis pas mal de temps ?

Pauvres mômes ! Autant je peux les maudir lorsqu'ils envahissent les couloirs des supermarchés, autant je ne peux que les accompagner dans leur peine sur ce point. Quand le journaliste sadique vient combler la curiosité des octogénaires adeptes de Pernault en filmant les cris de désespoir qui surviennent, les bras de leurs parents les abandonnant face à leur terrible destin au seuil de l'école maternelle communale de Saint-Jory.

Le monde de l'enfance n'a décidément rien à envier à celui des adultes. A chaque âge de la vie correspond un traitement houleux qui laisse des traumatismes indélébiles. Seuls nos aïeux se marrent de voir ces générations afficher la triste mine du chemin des écoliers tandis qu'ils s'apprêtent à monter dans leur camping-car pour refaire les routes de France, sans embouteillage cette fois. Le cahier de Sudoku et la carte routière posés sur les genoux de Madame, le basset tirant continuellement sa langue à l'arrière, ils vont goûter à cette liberté quotidienne qui n'est disponible que durant quelques misérables semaines pour l'actif lambda.

Par conséquent, bénir cette canicule n'est pas un acte aussi honteux qu'on pourrait le prétendre...

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Jeudi 13 août 2009

"Je préfère un cynique et un hypocrite à un inconscient. Parce que le cynique sait où sont les limites mais décide de ne pas les respecter. L'hypocrite sait lui aussi où est la vérité. C'est bien pour cela qu'il la cache, parce qu'il la connaît et qu'elle ne lui plaît pas. Mais l'inconscient est la pire façon d'affronter la vie. Il n'est pas possible de changer ce que l'on ne sait pas être mal. Cela prouve à quel point nous sommes devenus une société égoïste, chacun pour soi, et ce n'est même pas par désir de nuire que nous agissons ainsi... nous le faisons sans le vouloir."

Alberto Torres-Blandina in Le Japon n'existe pas.

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Mardi 11 août 2009
Le matin. Seul moment de la journée où les capacités physiques et intellectuelles de l'être humain lambda sont mises face à une rude épreuve. Pour la majorité, cela s'appelle le réveil. Ignominie durant laquelle toute notre âme est mise à la porte de ce doux monde qu'est celui des songes... Dur retour à la réalité quand on vient de goûter à la quiétude et l'insouciance. Pour le reste, cela s'appelle le coucher. Où le douloureux rythme du travail de nuit voire de la pratique frénétique des dancefloors (c'est selon son degré de chance) laisse place à une volonté irrépressible de se jeter le plus rapidement sous la couette. Mais ce serait une chose trop aisée si les mesures hygiéniques de rigueur n'obstruaient pas le parcours pour rejoindre Morphée...

Dans les deux cas, l'objet télévisuel contribue à la préparation mentale afin de prendre le dessus sur la suite des évènements. Ainsi, les fêtards anglais se branchent directement sur la BBC et tentent avec succès la digestion de LSD devant les Teletubbies. C'est connu : le programme ne requiert aucune forte attention intellectuelle mais tend à nous apporter sur un plateau (télé, warf quelle est bonne !) un monde rempli de quiétude et de naïveté que l'on touchait naguère, les Pampers dans les pattes.


Pour ma part, le préambule à une bonne journée de merde commence obligatoirement avec Bunny Maloney. Cartoon diffusé sur la quatrième chaîne en clair aux alentours de 08h10, il reprend les mêmes personnages d'un anim qui a cartonné à son époque sur la toile : Pinpin, le lapin. Certes, le côté trash et un brin fou-fou d'origine a disparu - tout comme l'énorme paire de couilles du raton-laveur, personnage récurrent - pour des raisons évidentes : le dessin animé est avant tout destiné aux petits n'infants. Le scénario de chaque épisode est donc vide d'intérêt pour le téléspectateur adulte mais cela suffit amplement à lui faire oublier durant une dizaine de minutes l'épreuve à traverser qui va suivre. Outre les deux protagonistes principaux (alias Monsieur et Madame Lapin Rose), le personnage de Jean-François (alias lapin bleu) contribue à l'hystérie puisque ne s'exprimant qu'en énonçant son prénom. Imagine, ami lecteur, ce patronyme mis à toutes les sauces émotives possibles. A sept heures du soir ce n'est pas drôle mais à huit heures du matin, les zygomatiques se déclencheront sans peine. Saine programmation de la part des dirigeants de Canal, donc.

Et l'on ne peut que les remercier...
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Mercredi 5 août 2009
Quelle aubaine cette crise... Franchement. Dans quel contexte le patronat voyou et le gouvernement rapace de Sarkozy-gloire-à-Satan auraient-ils pu faire gober autant de couleuvres à des employés-électeurs trop bêtes pour le remarquer ? Il est connu qu'en temps de récession, la ferveur patriotique de chaque citoyen prend le dessus sur la législation du travail et autres acquis sociaux. A l'Elysée, on s'en bidonne encore...

C'est ainsi que des employeurs ont su tirer leur épingle du jeu en faisant passer des modifications au règlement intérieur de leur entreprise sans prendre le risque de voir fleurir un mouvement syndical intérieur. Il faut faire des économies pour préserver le maximum d'emploi, alors on part travailler le coeur vaillant chaque matin pour laisser respirer notre patron étranglé par ces lourdes taxes que cette saloperie de Gauche a imposé.

Il n'est plus rare de voir des ouvriers à la chaîne pliés à un horaire bien défini pour aller aux commodités. Gastro-entérites, veillez à la couche Confiance avant d'aller bosser ! Le fait qu'une compagnie aérienne demande à ses employés de venir travailler gratuitement pendant un mois n'étonne personne. Le travail le dimanche sans contrepartie financière est applaudi par ce peuple imbécile doté d'une naïveté déconcertante. Sans compter sur les déclarations d'un porte-parole de la majorité au sujet des arrêts maladies et du travail à domicile...

Dernièrement, dans mon contexte professionnel, j'ai relevé une situation semblable dans bon nombre d'entreprises pour lesquelles mes compétences ont été mises en valeur. On pourrait la résumer par "un sou est un sou" tant je suis bluffé par les résultats des recherches économiques de ces sociétés. Elle touche le nerf sensible de la paresse dans le lieu de travail sans que les employés y trouvent à redire puisque le patronat crie à qui veut l'entendre que "là où il y a des économies, un emploi est préservé". L'ensemble des salariés gobe donc cette blague sans moufter, effet crise oblige.

J'ai découvert cette réforme interne commune à beaucoup d'entreprises malgré moi. C'est simple : quand j'ai soif, je vais aller boire à la fontaine d'eau mise à disposition. La surprise ne se fait pas attendre : il n'y a plus de verres en plastique. Ce n'est pas une faute logistique mais bien un plan économique de la société : "En économisant ces verres, le poste d'archiviste a été sauvé". Rien que ça. Ajoutons à cela des raisons écologiques indéniables et le salarié bobo versera sa petite larme de fierté d'appartenir à cette société. Celui-ci ira donc s'acheter une tasse dans le supermarché du coin et contribuera ainsi à la relance économique nécessaire pour notre beau pays. Sur cet élan, les stagiaires et autres prestataires externes seront priés d'aller acheter une bouteille pour calmer leur soif. Pas mal, non ?

Ce phénomène s'exporte également devant la machine à café. Si cette dernière est toujours présente, il faudra avant de choisir sa boisson en n'omettant pas de fournir la monnaie nécessaire (ayant augmenté de quelques centimes au passage) placer sa tasse à l'endroit où le gobelet tombait naguère. L'astuce réside du fait que l'employé n'attendra plus de finir son breuvage dans la salle de repos où se trouvent les poubelles de recyclage pour y jeter son gobelet tout en profitant d'un temps de repos intolérable. Il ira consommer son bien acquis dans son bureau sans broncher tout en tapotant sur son clavier. Rendement efficace et pas cher. Le patronat peut se frotter les mains.

Cependant, le retour du bâton ne se fait pas attendre. Si l'astuce a duré quelques mois, elle tombe à l'eau de manière si soudaine que le pauvre employeur se retrouve dans de beaux draps. Je répète qu'il n'y a plus aucun moyen de verser du liquide dans l'entreprise à moins d'avoir acquis de ses propres deniers un joli récipient. Que faire alors lorsque le collaborateur VIP ou le gros client vient toquer à la porte au petit matin ou juste après le déjeuner ? Inutile de mentionner mon fou-rire vengeur à la vue de la mine déconfite de l'ensemble de la direction...

Moralité : il y aura toujours une justice cachée dans le café...

Par Gawoul - Publié dans : In my life
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Mardi 4 août 2009

Un avantage du prélude à la mise au placard par votre tendre aimé et respecté employeur vient du fait que vous êtes immergé dans un monde que vous ne connaissiez pas jusqu'alors. En effet, si le premier effet Kiss Cool du futur licenciement en SSII est de vous confier une mission en deçà de vos compétences professionnelles (cf. l'histoire de la maintenance préventive que je t'ai déjà raconté sur ces mêmes pages HTML, ami lecteur), le deuxième effet Kiss Cool consiste à vous envoyer chez un client dont la configuration technique vous est inconnue. Ce qui s'est produit le lundi de la semaine dernière lorsqu'arrivé dans les locaux, le client est venu m'accueillir avec un "voilà notre expert en serveurs MAC !" qui confirma alors mes doutes. Je te rappelle, ami lecteur, que je suis un enfant du PC et que malgré une initiation d'une journée à l'outil Apple, le monde du Macintosh est pour moi semblable à la pratique du cunnilingus... C'est dire.

Me voici donc responsable du parc des beaux MacBook et autres MacPro pour mon plus grand bonheur d'insatiable curieux. Une découverte qui ne plaît guère au client puisqu'en droit d'attendre des compétences que je ne dispose pas. Mais soit ! J'ai pour la première fois de ma vie l'opportunité de bidouiller cet étrange objet que je voyais naguère uniquement sur les écrans publicitaires. Youpi tralala...

En attendant de résoudre les problèmes d'utilisateurs grâce à la recherche sous divers forums ou d'obtenir un historique de l'entreprise en terme de configuration du réseau informatique, je pianote sur ce beau clavier design afin de constater les multiples gadgets qu'offre ce système d'exploitation irréprochable... Et je dois avouer que mon amour s'est porté sur le fameux Dashboard et ses widgets épatants. C'est sympa ce truc-là. Bien qu'ayant vu un pâle plagiat sur Vista lors de sa sortie, je suis ébloui par tant d'informations regroupées en un minimum d'espace...

Outre le fait d'accéder à une borne de calcul sans peine ou des prévisions météorologiques de ma belle cité rôseuh pour le restant de la semaine, je peux scruter l'heure de la journée à laquelle sont pliés mes camarades du monde entier. Le tout en un seul clic. Ainsi, je peux plaindre les newyorkais du fait qu'il ne sont pas encore conscient de la journée de merde qu'ils vont passer puisqu'ils se lèvent lorsque nous autres européens y sommes enfouis depuis la moitié du temps légal du travail quotidien. Au même moment, j'envie les indonésiens qui s'apprêtent à laisser la place aux activités extraprofessionnelles quand on sait qu'il nous reste la moitié de la journée à traiter...

C'est alors que je me suis surpris à rêver d'obtenir la nationalité australienne. Certes, le climat est plutôt bon pour un éternel frileux comme moi... Mais le fait que les autochtones ont une dizaine d'heure en avance sur la journée par rapport aux pauvres européens est un avantage dont je rêve de jouir quotidiennement. Pensez donc : lorsque les français arrivent à leur boulot, les australiens en sortent ! Pendant que nous tentons de nous réveiller à grands coups de caféines tout en pensant aux nombreuses heures qu'il nous reste pour sortir de cet ignoble endroit, eux sont tranquillement installés en Aussiebum devant la télé tout en ingurgitant une Foster's bien fraîche... Au même moment, ils ont le confort douillet de leur canapé quand nous nous tuons le dos avec ces chaises ergonomiques dignes d'une quelconque machine de torture moyenâgeuse... Ils auront toujours l'avance sur la journée, sur le pouvoir de vivre leur temps, quand les européens ne savent pas s'ils en ressortiront vivants. En imaginant le jour de la fin du monde, nous pouvons constater d'avance sans prendre de risques que ces gaillards auront eu le temps de jouir d'une journée entière de plus que les autres...

Et c'est sans compter sur le nombre de beaux surfeurs huilés qui y rôdent là-bas... Ca vaut mieux qu'un béret et une baguette sous le bras, non ?

William Scheller - Jetlag.

Par Gawoul - Publié dans : In my mind
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