Nous sommes en 1968. La Beatlemania bat son plein dans tous les coins de ce monde désormais à la merci de la pop-music. Comme nous sommes dans un monde consumériste - du moins à l'Ouest - il est
d'un très bon ton de tirer toutes les ficelles d'une recette qui a très bien marché. Par conséquent, un film d'animation à la gloire des quatre gars de Liverpool va sortir dans les salles
obscures du monde entier cette année-là.
Pourtant, Yellow Submarine (c'est le nom du film) n'a rien à voir avec un film purement commercial comme le Purple Rain de Prince ou le navet des
Spice Girls. Par sa caractéristique principale (c'est un film d'animation), il met à l'honneur ce pop'art qui commence à fleurir tout en rendant hommage à une musique qui a changé la face de ce
monde. En gros, ce n'est pas du travail bâclé parce qu'il fallait exploiter à tout prix le filon Beatles avant qu'il ne soit trop tard... Bien que ce projet soit né dans le but de promouvoir
l'album portant le même nom que le film.
Le synopsis est révélateur d'un psychédélisme bien ancré dans les esprits les moins bornés de l'époque : un pays merveilleux aux mille couleurs, Pepperland, est envahi par les Blue Meanies. Grace
à l'armee ménée par Gantelaid' (une espèce de main bleue gigantesque), les Blue Meanies vont transformer les habitants de ce paradis en statues de pierre et vider cet endroit de toutes couleurs.
Seul rescapé, Young Fred et son sous-marin jaune vont chercher de l'aide à Liverpool où il rencontrera les quatre garçons dans le vent...
Pour la suite, je conseillerai à mon ami lecteur de se jeter sur le DVD (est-il enfin trouvable ?) afin de s'en prendre plein les mirettes. Mais en attendant, je lui mets à disposition une des
scènes finales du film qui illustre le hit All you need is love. Où John Lennon va combattre l'affreux Gantelaid' grâce à la
musique et à l'appel de l'amour. C'est beau, nan ?
10 - Lorsque vous remplacez un collègue plus âgé que vous, le client vous fait part de sa joie de voir quelqu'un de plus expérimenté à ce poste.
09 - On dit souvent que votre coiffure est originale mais qu'il faudrait songer à la changer car « il est nécessaire de grandir à un moment donné ».
08 - On ne vous croit pas lorsque vous prétendez que votre frère jumeau n'est pas votre petit frère.
07 - On admire chez vous votre sagesse et votre esprit « caractéristiques chez les hommes de votre âge ».
06 - A 14 ans, vous rentriez sans peine dans une discothèque ou un pub.
05 - Vous vous faîtes accoster sur le net par des jeunes minets désirant avoir une relation avec une personne « expérimentée ».
04 - Vous vous faîtes accoster sur le net par des seniors désirant avoir une relation avec une personne « de leur génération ».
03 - A la machine à café ou au restaurant d'entreprise, on vous demande si vous vous souvenez du jour de la mort du Général de Gaulle... Alors que vous êtes né qu'en 1982.
02 - Au lycée, à chaque rentrée des classes, le nouveau surveillant vous refusait l'accès dans l'enceinte du bâtiment strictement réservé aux élèves. Les parents étant priés d'attendre leurs
enfants dehors.
01 - Vous recevez régulièrement des publicités pour des souscriptions à des contrats obsèques.
Etre de retour après deux semaines de vacances, et suite à de longues années sans avoir pris de véritables jours de congés (c'est à dire sans avoir passé la totalité du séjour à l'hôpital ou
à emménager le nouveau nid d'amour), c'est comme une rentrée des classes. On aimerait tellement profiter encore un peu de ce repos si mérité, sans forcément se remémorer que ces quinze jours
ont été utilisés pour repeindre entièrement l'appartement, et éviter le dur retour du chemin des écoles.
La nuit qui précède ce cycle éternellement renouvelé dégage les plus beaux songes pour laisser place aux angoisses et autres visions cauchemardesques qui tendent à renforcer cette déprime
communément appelée le Monday Blues. Fête de la musique aidant, l'ambiance sonore fut semblable à un chaos urbain puisque ce ne sont pas les artistes que j'entendis mais les joyeux
drilles qui s'amusaient à briser les quelques bouteilles de bière sur les trottoirs en usant de leurs cordes vocales réglées à un volume sonore bien dérangeant. Le pire est que j'ai tout de même
réussi à trouver le sommeil au milieu de ce raffut. Fort malheureusement, je gardais ce fond sonore angoissant en tête pour illustrer des scénarios dont l'absurdité est
seulement réalisable dans nos rêves.
Ainsi, j'ai passé une demi-douzaine d'heures à me persuader que Toulouse était en état de siège. Evidemment, tout semblait réel ce qui est caractéristique l'ensemble de ces songes ridicules. La
ville est à feu et à sang, les sirènes font les mariolles, je peux voir de ma fenêtre d'épaisses fumées noires un peu partout dans la ville, les cris des voisines s'ajoutent à cet instant de
panique, même i-Télé a du mal à communiquer avec son envoyé spécial dont on retrouvera la tête accrochée à son micro brandit par des vandales assoiffés de sang un peu plus tard.
Je me retrouve soudainement allongé sur mon lit, il est six heures du matin. J'entends encore le chaos dans mon quartier. Je me précipite sur mon homme déjà debout afin de partager
mon désarroi - puisque je ne sais où il était passé durant toutes ces heures, étant étrangement absent de l'appartement. Visiblement, la guerre civile ne l'émeut pas. Et pour cause : en
regardant secrètement Google Actualités, je ne vois pas de révoltes à Toulouse dans les différentes unes. Ce n'était donc qu'un de ces cauchemars stupides qui rendent la rentrée plus difficile...
Quant aux bruits de casses et de cris entendus à mon réveil, ce ne sont que les agents municipaux qui font le nettoyage du quartier, là aussi à un volume sonore peu agréable.
J'ai ce Monday Blues qui remonte alors à la gorge : pourquoi n'ai-je donc pas profité de ces dernières heures de répit pour m'enfoncer dans une paix intérieure et prendre ainsi des
forces pour aller affronter le patronat ? En pénétrant dans un monde de bisounours qui ne me veut que du bien, par exemple ? Pourquoi cette quinzaine a-t-elle pris fin aussi rapidement ?
Pour une fois de plus, et je sais que ces instants sont rares pour le souligner, je regarde mon aimé quittant les lieux pour aller de nouveau justifier son salaire avec beaucoup de soupirs
et une gorge nouée. Je sais que d'ici quelques minutes, ce sera à moi d'ouvrir cette porte pour rejoindre le rang des honnêtes travailleurs...
Je reste tout de même optimiste - si j'ose dire - puisque j'attends toujours un licenciement économique plus que jamais d'actualité par mon employeur qui saura certainement calmer ces plaies en
quelques secondes... pour en ouvrir d'autres. Mais il faut savoir ce qu'on veut dans la vie, non ?
Quels attraits que comporte le vide ! Insouciance, sécurité face aux éventuelles réactions virulentes, nul risque de polémiques, fainéantise cérébrale, application par la pratique de la misère
intellectuelle. Des images, des vidéos, des mots pompés ci et là pour combler un devoir d'écrit, que l'on est seul à s'imposer. Pire, pour se donner un semblant d'existence.
L'opportunité de faire du mal à Photoshop afin de se montrer à côté de sa chanteuse ou son actrice favorite. D'attirer pour la énième fois les regards vers Susan Boyle ou une
autre personnalité éphémère. De déverser ses albums photos d'acteurs de porno ou de félidés insipides. Ici, la création est inexistante : nous touchons la génération du "moins j'en fais,
mieux je me porte". Mais tant que je suis là pour copier-coller, j'ai le sentiment de me rapprocher vers le nirvana de la célébrité. Je me pointe ici, dans ce monde creux et pompeur de vrais
talents dans l'espoir d'être reconnu. Car le vide est souvent interprété - hélas - comme le summum de la réflexion ou de la découverte, et par conséquent de la reconnaissance.
Quart d'heure de célébrité tant recherché, mais que sont ces lignes face à l'audace, la créativité, la prise de position ? Ces mots, ces clichés et ces films qui tendent à réveiller nos émotions,
de l'acquis à la révolte ? Dont les motivations sont le partage d'idéaux, de connaissances, de sentiments ? Ceux qui méritent réellement de sortir humblement du lot et avoir affaire à des
véritables réactions saines même si certaines sont maladroites ?
Qu'il est difficile de se taire quand on n'a rien à dire, comme le disait Pierre Etaix... Mais Pierre Baillargeon est là pour nous rappeler que lorsqu'on n'a rien à dire, on prend
le temps pour observer. Et c'est alors que l'on écrit beaucoup. Alors, qu'attendons-nous ?
Est-ce là l'éradication du néant ? Observe autour de toi et regarde ce qui t'émeut. Mets sur papier tes sentiments, n'aie pas peur d'être pointé du doigt : le virtuel dispose de cet avantage
qui te protège derrière ton écran. Et fais réagir tes camarades de jeu. Ils ne demandent que ça.
L'exhibition de son propre nombril est tellement formidable lorsqu'il appelle à l'interactivité. Ainsi, le Me, myself and I est loin de paraître superficiel et égocentrique.
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