Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /Mars /2010 00:14
Alors quoi ? Qu'est-ce qu'on en attend ? Que peut-on prétendre, l'objectivité aidante, lorsqu'on lit des paragraphes magnifiques couchés sur du HTML ou sur du papier qui sent le vieux comme dans le grenier de chez Mamie (et que tu découvres avec effroit que la Bibliothèque Rose existait bien avant ta naissance). Quand on lit du Pérec, on est bien obligé de fermer sa gueule ou de faire coucouche-panier à son Azerty. Tu n'as pas une once de ce que ces gens possèdent, tu es né et tu resteras là où l'on a décidé de te mettre. Il faut savoir reconnaitre son absence totale de talent, quel que soit le temps que cela peut prendre.

Idées non exploitées :
Un homme qui a vécu toute sa vie dans la dépréciation et qui découvre son potentiel trop tardivement, le temps n'arrangeant rien à l'affaire... La vieillesse a ses ravages, l'entourage est intraitable. La loose.
All you need is lol (air connu).
Le fait de se retrouver un beau matin face à un dromadaire sur son lieu de travail (Véridique)
Les louanges que l'on peut porter à Vally, l'animatrice à l'accent chic et choc d'Inter, le vendredi soir quand tu es sur l'autoroute en direction de Perpignan et que le vent te fait presque faire dessus.
L'obligation de fouetter ses gosses quand ceux-ci osent te sermoner sur ta vie. Et puis, ne faites pas de gosses, ça vaudra mieux.
Entendu de la bouche d'un collègue : "Le devoir de mémoire, ça va bien cinq minutes". Ce métier va - peut-être - me manquer.
L'hilarité provoquée par le hype montalbanais (par conséquent, se demander comment on a fait pour tenir une vingtaine d'années là-dedans)
Et tomber d'admiration devant Morisson parce que c'est le seul à avoir un garde du corps de sa mort. Va au Père Lachaise, tu comprendras mieux.

Tiens, en parlant de Jim... See you a next day, mein lieben !

Par Gawoul - Publié dans : In my mind
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /Sep /2009 21:03
Je suis enfin entré dans l'antre qui encra mes désirs dans ma caboche. Lors de mes nombreux passages devant cette enseigne, je n'osais franchir son seuil. Par peur du ridicule sans doute, par carence économique certainement. Mais le déjeuner nippon et la présence d'un ami qui mérite d'être par sa folie et ses impulsions contrôlées m'ont poussé à faire la nique à cette névrose... A moins que l'homéopathie prescrite ces derniers temps aient des effets secondaires loin d'être dégueulasses.

Je pousse la porte, non sans une certaine crainte du regard du tenant de la boutique que je crains élitiste, et respire à plein poumon cette poussière caractéristique du vieux que l'on retrouve dans pas mal de grenier ou de maisons de vacances laissées à l'abandon. Seul parfum qui éveille les souvenirs lointains et surtout bons. C'est la partie pour l'odorat. Le toucher va bientôt s'en donner à coeur joie. Pour le moment, c'est la vue qui prend la plus grosse partie des performances de mon être... Des rayons de vinyles à en lâcher les vannes urinaires tant l'émotion de la jeune pucelle que je suis fut au maximum.

Oui, j'ai eu le mauvais goût de naître à Montauban au début des années 80, ce qui eut pour conséquence la rareté du disquaire (seul le Mammouth de la ville proposait un ridicule bac de vinyles à l'entrée) et la première fois que je me suis aventuré dans une FNAC, le laser avait déjà pris ses aises...

La recherche de perles rares a succombé en un rien de temps puisque seuls les cadors viennent ici pour acquérir des 33 tours, les autres passants sont des curieux d'une vingtaine d'années qui se demandaient à quoi ressemblaient ces étranges objets qu'usaient leurs parents dans leur mange-disque (bande de petits salauds) Ainsi, je n'ai pas eu grand mal à retrouver le 33t de Pierre Henry qui m'entête depuis pas mal de temps... Outre le thème de Psyché Rock qui reste l'un de mes morceaux psychés favoris, son Voyage angoissant et enivrant prend toute sa saveur en version vinyle. Essaye de l'écouter dans une obscurité totale sous tes draps, ami lecteur, et tu retrouveras les angoisses spécifiques de ton enfance quand venait la nuit. Les crépitements caractéristiques du disque ajoutent une part de cette authenticité perdue dans la compression numérique ou le MP3.

Car ce sont ces imperfections, contradictoires avec la qualité sonore de l'objet qui se rapproche de la perfection, que je recherche en premier lieu. Ce que le disquaire a visiblement eu du mal à entendre. Faut le comprendre : lui qui s'emmerde à passer les disques qu'il récupère à l'alcool afin de rendre la grosse galette lisible, voir en face de lui une pucelle qui s'émoustille quand une rayure se fait entendre peut provoquer une certaine haine. Mais bon... Les MP3 sont là pour palier à ce problème, non ?

Pas de rancoeur de sa part à mon départ - et après avoir réglé une note assez corsée car je me suis aussi pris les deux albums best-of des Fab Four - puisqu'il a eu la générosité de m'offrir un 33 tours live de Joan Baez lors de l'une de ses tournées européennes. Un peu de folk contestataire en ces temps si maussades, ça reste de bon aloi.

Et puis, j'ai enfin trouvé quelqu'un à qui refourguer les ignobles 33 tours de J-P Smet collectionnés par mon géniteur... I'm so sorry, Daddy : I've lost Johnny !

Jim Noir - Good old vinyl
Par Gawoul - Publié dans : In my ears
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Mercredi 9 septembre 2009 3 09 /09 /Sep /2009 21:12
Si George Eddy s'efforce à écouter Jane Birkin tous les matins pour préserver son accent anglo-saxon, je fais de même avec le Taureau de la Garonne afin de disposer de cet accent chantant qu'envient les correspondants téléphoniques du nord de la Loire...


Aujourd'hui, Claude Nougaro devait avoir 80 ans... Bon anniversaire, Monsieur Claude.

Michel Legrand - Le Cinéma
Par Gawoul - Publié dans : In my ears
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Mardi 1 septembre 2009 2 01 /09 /Sep /2009 21:13
Parfois, on a envie de hurler jusqu'à plus soif. Histoire de décompresser un tout petit peu, évitant ainsi un massacre digne de Columbine façon cassoulet.

Parfois, on tente de mimer une mauvaise scène de comédie musicale façon 70's où, seule dans sa chambre au milieu de peluches et de polochons rose bonbon, la jeune adolescente bourgeoise mais pas farouche se met à péter un câble en déchirant tout le luxe mis à sa disposition puis chantant sur une musique cabaret-rock que le moment est venu à son émancipation et qu'elle s'apprête à rejoindre Johnny Depp qui l'attend à moto en bas (je serais toujours redevable à John Waters pour ce type de songe rebelle anti-républicain)

Puis, parfois on découvre au détour d'une chronique télévisée de sa putafrange préférée Florence & The Machine, la bande originale qu'il nous fallait pile à ce moment-là. De la grâce auditive comme jamais t'en as eu, du merveilleux qui te transporte et te donne autant de cran que nécessaire pour affronter tous les dilemmes que tu pourrais avoir...

Mektoum, vous dis-je ! Mektoum !


Florence & The Machine - Kiss with a fist

Florence & The Machine - Rabbit heart (Raise it up)
Par Gawoul - Publié dans : In my ears
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Lundi 31 août 2009 1 31 /08 /Août /2009 21:06
Je dois avoir une névrose ridicule ou une tumeur dans ma cervelle qui traîne depuis pas mal de temps, mais j'ai tendance à deviner le moral des troupes rien qu'en levant les yeux au ciel.

Le rouge du ciel de Novembre appelle au renouveau et au changement de vie, objectifs qui ont vite fait d'être éloignés de chacune des pensées. Les lumières qui précèdent la veillée de Noël remplissent les esprits de courtoisie et de paix intérieure, élan de spiritualité oblige. La grisaille du mois de Janvier traduit quant à elle la déprime collective à la mode en cette période. Les giboulées de Mars contiennent la frustration de l'envie printanière qui ne répond pas. La clarté et le bleu des mois estivaux soulèvent enfin l'hystérie collective et le bonheur d'user enfin de quelques jours de liberté salariale - du moins pour ceux qui en ont la chance.

Puis il y a ce connard de ciel de Septembre...

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Le bleu caractéristique de l'été est toujours là, mais il commence sérieusement à flancher au profit d'une rosée appelant à la fraîcheur et à la difficile reprise des négociations patronales quotidiennes. On se raidit par la baisse soudaine des températures, posture idéal pour emprunter le chemin du bureau. On efface ce sourire niais issu de l'hystérie d'Août pour prendre la mauvaise gueule de la rentrée. On sent que les beaux jours sont désormais derrière nous. Il faut désormais prendre le courage de traverser la rude épreuve des dix mois de déprime en espérant arriver à bon port sans trop de traumatismes.

Allez ! Courage, camarade !

Richard Cheese - Another brick in the wall
Par Gawoul - Publié dans : In my eyes
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /Août /2009 20:45
Chrysanthème dit :
Je vais mettre un peu de musique... Tu connais Benjamin Biolay, Glory Hole ?

Gawoul dit :
Je suis trop dépressif en ce moment pour me taper Biolay...  Dans les oreilles, j'entends.

Chrysanthème dit :
J'avais compris, je n'ai pas osé relever... Toujours préoccupé par tes Macs ? Ou M. a été adorable et ça te met dans tous tes états ?

Gawoul dit :
M. ne m'adresse plus la parole et c'est la seule chose positive qui me soit arrivé depuis quelques mois... Non c'est périodique, ça résulte des questions existencielles qui pourrissent l'homme pathétique que je suis.

Chrysanthème dit :
Ne t'en fais pas une montagne

Gawoul dit :
"Suis-je un bon camarade de jeu ou me déteste-t-on ?",  "Suis-je un bon travailleur incompris ou mon incompétence m'a emmené vers cet ignoble chemin ces derniers temps ?", "Pourquoi des Marlboro Menthol ?"

[...]

Gawoul dit :
Bref, pas mal de questions qui me turlupinent...

Chrysanthème dit :
Les menthol, c'est juste parce que bien que tu sois un bon camarade de jeu, un bon travailleur, pédé de surcroît, tu as tout de même un goût de chiottes hérité de ton enfance montalbanaise...
Par Gawoul - Publié dans : In my ears
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Mardi 18 août 2009 2 18 /08 /Août /2009 20:36
L'odeur de l'iode poussée dans nos narines par la chaleur fait place à celle du plastique des cahiers d'école et des nouveaux cartables que l'on s'empresse d'essayer en attendant le jour où nous retrouverons le bitume de la cour d'école. Le sable fin ne coulera plus entre nos doigts pour un long moment mais nos mains auront la joie d'être envahies par le calcaire de la craie pendant une dizaine de mois. Le trac ne s'estompe pas, mais au contraire augmente au fur et à mesure que les jours s'écoulent... Est-ce qu'eux seront là pour partager cet abandon de liberté pour le compte de quatre murs, d'un tableau et d'un instructeur dépressif ? Ou faudra-t-il de plus affronter la curiosité de ces inconnus déjà bien installés sur ce terrain depuis pas mal de temps ?

Pauvres mômes ! Autant je peux les maudir lorsqu'ils envahissent les couloirs des supermarchés, autant je ne peux que les accompagner dans leur peine sur ce point. Quand le journaliste sadique vient combler la curiosité des octogénaires adeptes de Pernault en filmant les cris de désespoir qui surviennent, les bras de leurs parents les abandonnant face à leur terrible destin au seuil de l'école maternelle communale de Saint-Jory.

Le monde de l'enfance n'a décidément rien à envier à celui des adultes. A chaque âge de la vie correspond un traitement houleux qui laisse des traumatismes indélébiles. Seuls nos aïeux se marrent de voir ces générations afficher la triste mine du chemin des écoliers tandis qu'ils s'apprêtent à monter dans leur camping-car pour refaire les routes de France, sans embouteillage cette fois. Le cahier de Sudoku et la carte routière posés sur les genoux de Madame, le basset tirant continuellement sa langue à l'arrière, ils vont goûter à cette liberté quotidienne qui n'est disponible que durant quelques misérables semaines pour l'actif lambda.

Par conséquent, bénir cette canicule n'est pas un acte aussi honteux qu'on pourrait le prétendre...

Par Gawoul - Publié dans : In my mind
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Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /Août /2009 07:38

"Je préfère un cynique et un hypocrite à un inconscient. Parce que le cynique sait où sont les limites mais décide de ne pas les respecter. L'hypocrite sait lui aussi où est la vérité. C'est bien pour cela qu'il la cache, parce qu'il la connaît et qu'elle ne lui plaît pas. Mais l'inconscient est la pire façon d'affronter la vie. Il n'est pas possible de changer ce que l'on ne sait pas être mal. Cela prouve à quel point nous sommes devenus une société égoïste, chacun pour soi, et ce n'est même pas par désir de nuire que nous agissons ainsi... nous le faisons sans le vouloir."

Alberto Torres-Blandina in Le Japon n'existe pas.

Par Gawoul - Publié dans : In my eyes
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Mardi 11 août 2009 2 11 /08 /Août /2009 18:23
Le matin. Seul moment de la journée où les capacités physiques et intellectuelles de l'être humain lambda sont mises face à une rude épreuve. Pour la majorité, cela s'appelle le réveil. Ignominie durant laquelle toute notre âme est mise à la porte de ce doux monde qu'est celui des songes... Dur retour à la réalité quand on vient de goûter à la quiétude et l'insouciance. Pour le reste, cela s'appelle le coucher. Où le douloureux rythme du travail de nuit voire de la pratique frénétique des dancefloors (c'est selon son degré de chance) laisse place à une volonté irrépressible de se jeter le plus rapidement sous la couette. Mais ce serait une chose trop aisée si les mesures hygiéniques de rigueur n'obstruaient pas le parcours pour rejoindre Morphée...

Dans les deux cas, l'objet télévisuel contribue à la préparation mentale afin de prendre le dessus sur la suite des évènements. Ainsi, les fêtards anglais se branchent directement sur la BBC et tentent avec succès la digestion de LSD devant les Teletubbies. C'est connu : le programme ne requiert aucune forte attention intellectuelle mais tend à nous apporter sur un plateau (télé, warf quelle est bonne !) un monde rempli de quiétude et de naïveté que l'on touchait naguère, les Pampers dans les pattes.


Pour ma part, le préambule à une bonne journée de merde commence obligatoirement avec Bunny Maloney. Cartoon diffusé sur la quatrième chaîne en clair aux alentours de 08h10, il reprend les mêmes personnages d'un anim qui a cartonné à son époque sur la toile : Pinpin, le lapin. Certes, le côté trash et un brin fou-fou d'origine a disparu - tout comme l'énorme paire de couilles du raton-laveur, personnage récurrent - pour des raisons évidentes : le dessin animé est avant tout destiné aux petits n'infants. Le scénario de chaque épisode est donc vide d'intérêt pour le téléspectateur adulte mais cela suffit amplement à lui faire oublier durant une dizaine de minutes l'épreuve à traverser qui va suivre. Outre les deux protagonistes principaux (alias Monsieur et Madame Lapin Rose), le personnage de Jean-François (alias lapin bleu) contribue à l'hystérie puisque ne s'exprimant qu'en énonçant son prénom. Imagine, ami lecteur, ce patronyme mis à toutes les sauces émotives possibles. A sept heures du soir ce n'est pas drôle mais à huit heures du matin, les zygomatiques se déclencheront sans peine. Saine programmation de la part des dirigeants de Canal, donc.

Et l'on ne peut que les remercier...
Par Gawoul - Publié dans : In my eyes
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Mercredi 5 août 2009 3 05 /08 /Août /2009 18:05
Quelle aubaine cette crise... Franchement. Dans quel contexte le patronat voyou et le gouvernement rapace de Sarkozy-gloire-à-Satan auraient-ils pu faire gober autant de couleuvres à des employés-électeurs trop bêtes pour le remarquer ? Il est connu qu'en temps de récession, la ferveur patriotique de chaque citoyen prend le dessus sur la législation du travail et autres acquis sociaux. A l'Elysée, on s'en bidonne encore...

C'est ainsi que des employeurs ont su tirer leur épingle du jeu en faisant passer des modifications au règlement intérieur de leur entreprise sans prendre le risque de voir fleurir un mouvement syndical intérieur. Il faut faire des économies pour préserver le maximum d'emploi, alors on part travailler le coeur vaillant chaque matin pour laisser respirer notre patron étranglé par ces lourdes taxes que cette saloperie de Gauche a imposé.

Il n'est plus rare de voir des ouvriers à la chaîne pliés à un horaire bien défini pour aller aux commodités. Gastro-entérites, veillez à la couche Confiance avant d'aller bosser ! Le fait qu'une compagnie aérienne demande à ses employés de venir travailler gratuitement pendant un mois n'étonne personne. Le travail le dimanche sans contrepartie financière est applaudi par ce peuple imbécile doté d'une naïveté déconcertante. Sans compter sur les déclarations d'un porte-parole de la majorité au sujet des arrêts maladies et du travail à domicile...

Dernièrement, dans mon contexte professionnel, j'ai relevé une situation semblable dans bon nombre d'entreprises pour lesquelles mes compétences ont été mises en valeur. On pourrait la résumer par "un sou est un sou" tant je suis bluffé par les résultats des recherches économiques de ces sociétés. Elle touche le nerf sensible de la paresse dans le lieu de travail sans que les employés y trouvent à redire puisque le patronat crie à qui veut l'entendre que "là où il y a des économies, un emploi est préservé". L'ensemble des salariés gobe donc cette blague sans moufter, effet crise oblige.

J'ai découvert cette réforme interne commune à beaucoup d'entreprises malgré moi. C'est simple : quand j'ai soif, je vais aller boire à la fontaine d'eau mise à disposition. La surprise ne se fait pas attendre : il n'y a plus de verres en plastique. Ce n'est pas une faute logistique mais bien un plan économique de la société : "En économisant ces verres, le poste d'archiviste a été sauvé". Rien que ça. Ajoutons à cela des raisons écologiques indéniables et le salarié bobo versera sa petite larme de fierté d'appartenir à cette société. Celui-ci ira donc s'acheter une tasse dans le supermarché du coin et contribuera ainsi à la relance économique nécessaire pour notre beau pays. Sur cet élan, les stagiaires et autres prestataires externes seront priés d'aller acheter une bouteille pour calmer leur soif. Pas mal, non ?

Ce phénomène s'exporte également devant la machine à café. Si cette dernière est toujours présente, il faudra avant de choisir sa boisson en n'omettant pas de fournir la monnaie nécessaire (ayant augmenté de quelques centimes au passage) placer sa tasse à l'endroit où le gobelet tombait naguère. L'astuce réside du fait que l'employé n'attendra plus de finir son breuvage dans la salle de repos où se trouvent les poubelles de recyclage pour y jeter son gobelet tout en profitant d'un temps de repos intolérable. Il ira consommer son bien acquis dans son bureau sans broncher tout en tapotant sur son clavier. Rendement efficace et pas cher. Le patronat peut se frotter les mains.

Cependant, le retour du bâton ne se fait pas attendre. Si l'astuce a duré quelques mois, elle tombe à l'eau de manière si soudaine que le pauvre employeur se retrouve dans de beaux draps. Je répète qu'il n'y a plus aucun moyen de verser du liquide dans l'entreprise à moins d'avoir acquis de ses propres deniers un joli récipient. Que faire alors lorsque le collaborateur VIP ou le gros client vient toquer à la porte au petit matin ou juste après le déjeuner ? Inutile de mentionner mon fou-rire vengeur à la vue de la mine déconfite de l'ensemble de la direction...

Moralité : il y aura toujours une justice cachée dans le café...

Par Gawoul - Publié dans : In my life
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