Samedi 18 avril 2009
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Mon attrait pour le sport est bien connu de mon entourage : il est quasi-nul. Hormis peut-être un certain regard inquiet sur l'évolution du Stade Toulousain et du XV de Montauban-Sapiac au
classement du Top 14, je plonge rarement mon nez dans un
Equipe ou un
France Football... La faute à des traumatismes venant du collège et du lycée où les heures d'éducation
physique et sportive m'en ont fait voir de belles. Et puis n'oublions que les valeurs du sport ont droit sans cesse à de beaux éloges de la part des jeunes de l'UMP, ce sport qui possède des vertus
patriotiques excellentes pour notre belle nation (on se croirait chez Pétain tellement qu'c'est beau...)
De plus, j'ai une sainte horreur de ces sportifs de haut-niveau qui, la gloire venue et le compte en banque renfloué, conspuent les aides de l'Etat dont leurs clubs formateurs ont été bénéficiaires
pour permettre à leurs poulains d'évoluer dans de bonnes conditions en allant prendre la nationalité suisse et monégasque, évitant ainsi la réciprocité fiscale. De ce point de vue là, je ne peux
être qu'en accord avec Guy Carlier, aficionado du ballon rond qui s'émeut de la starification du sport et de ses vedettes au salaire incroyable se permettant de faire la gueule à leur public. Bon,
voilà pour le côté poujadiste de l'affaire.
C'était sans compter sur le numéro de Libération qui m'a accompagné durant le vol Ville rôseuh-Ville lumière au mois de Février dernier. En quatrième page de couverture, le désormais célèbre
portrait du jour s'attaquait au cas d'une joueuse de tennis répondant au nom d'
Alizé Cornet. Evidemment, avant lecture de l'article je ne pouvais m'enlever de la tête ces idées
reçues sur la joueuse de tennis capricieuse qui n'a d'yeux que pour la balle jaune depuis qu'elle a appris à marcher. Les lignes qui ont suivi m'ont enfin fermé le clapet pour quelques
instants.
Enfin une jeune sportive de haut niveau, qui en a dans la caboche. Une fille qui sait d'où elle vient, qui dispose de valeurs très honorables et qui prend son sport comme un plaisir et non comme
une obligation professionnelle. Aux dires des connaisseurs, il faut la voir sur le court pour comprendre que son leitmotiv est de se faire plaisir, et par conséquent de faire plaisir à
l'assistance. Il faut reconnaitre également qu'elle a une certaine vision de notre société qui n'est pas pour me déplaire... Si le succès mérité lui apporte pas mal d'oseille, ce n'est pas pour
aller le planquer en Suisse, mais bien à payer ses impôts comme tout le monde afin de donner aux autres la chance qu'elle a eu grâce à des enveloppes budgétaires de l'Etat d'exercer sa passion. Et
de faire fleurir sa petite entreprise familiale qui, bien qu'elle soit concentrée sur elle seule, l'aide à garder les pieds sur terre. Car, chez les Cornet, tout est artisanal ! Les parents
s'occupent de l'entraînement de leur fille et de la comptabilité lorsque le grand frère, en plus de ses études, négocie avec les partenaires et les sponsors. C'est ce charme qui fait d'Alizé une
coqueluche du tennis français abordable et pétillante.
Alors, l'artisanat familial est la nouvelle formule pour élevage de champions qui ne se la jouent pas ? A voir les résultats de la demoiselle Cornet, il est indéniable que les mentalités
peuvent changer sans prendre trop de risque sur la carrière du joueur ou de la joueuse. Qui plus est, l'attrait pour les sports qui disposeraient dans leurs différents clubs ce type
de licencié risque de croitre et d'y amener grâce à la curiosité les non-sportifs patentés. Comme moi, quoi...