Lundi 22 juin 2009

Etre de retour après deux semaines de vacances, et suite à de longues années sans avoir pris de véritables jours de congés (c'est à dire sans avoir passé la totalité du séjour à l'hôpital ou à emménager le nouveau nid d'amour), c'est comme une rentrée des classes. On aimerait tellement profiter encore un peu de ce repos si mérité, sans forcément se remémorer que ces quinze jours ont été utilisés pour repeindre entièrement l'appartement, et éviter le dur retour du chemin des écoles.

La nuit qui précède ce cycle éternellement renouvelé dégage les plus beaux songes pour laisser place aux angoisses et autres visions cauchemardesques qui tendent à renforcer cette déprime communément appelée le Monday Blues. Fête de la musique aidant, l'ambiance sonore fut semblable à un chaos urbain puisque ce ne sont pas les artistes que j'entendis mais les joyeux drilles qui s'amusaient à briser les quelques bouteilles de bière sur les trottoirs en usant de leurs cordes vocales réglées à un volume sonore bien dérangeant. Le pire est que j'ai tout de même réussi à trouver le sommeil au milieu de ce raffut. Fort malheureusement, je gardais ce fond sonore angoissant en tête pour illustrer des scénarios dont l'absurdité est seulement réalisable dans nos rêves.

Ainsi, j'ai passé une demi-douzaine d'heures à me persuader que Toulouse était en état de siège. Evidemment, tout semblait réel ce qui est caractéristique l'ensemble de ces songes ridicules. La ville est à feu et à sang, les sirènes font les mariolles, je peux voir de ma fenêtre d'épaisses fumées noires un peu partout dans la ville, les cris des voisines s'ajoutent à cet instant de panique, même i-Télé a du mal à communiquer avec son envoyé spécial dont on retrouvera la tête accrochée à son micro brandit par des vandales assoiffés de sang un peu plus tard.

Je me retrouve soudainement allongé sur mon lit, il est six heures du matin. J'entends encore le chaos dans mon quartier. Je me précipite sur mon homme déjà debout afin de partager mon désarroi - puisque je ne sais où il était passé durant toutes ces heures, étant étrangement absent de l'appartement. Visiblement, la guerre civile ne l'émeut pas. Et pour cause : en regardant secrètement Google Actualités, je ne vois pas de révoltes à Toulouse dans les différentes unes. Ce n'était donc qu'un de ces cauchemars stupides qui rendent la rentrée plus difficile... Quant aux bruits de casses et de cris entendus à mon réveil, ce ne sont que les agents municipaux qui font le nettoyage du quartier, là aussi à un volume sonore peu agréable.

J'ai ce Monday Blues qui remonte alors à la gorge : pourquoi n'ai-je donc pas profité de ces dernières heures de répit pour m'enfoncer dans une paix intérieure et prendre ainsi des forces pour aller affronter le patronat ? En pénétrant dans un monde de bisounours qui ne me veut que du bien, par exemple ? Pourquoi cette quinzaine a-t-elle pris fin aussi rapidement ? Pour une fois de plus, et je sais que ces instants sont rares pour le souligner, je regarde mon aimé quittant les lieux pour aller de nouveau justifier son salaire avec beaucoup de soupirs et une gorge nouée. Je sais que d'ici quelques minutes, ce sera à moi d'ouvrir cette porte pour rejoindre le rang des honnêtes travailleurs...

Je reste tout de même optimiste - si j'ose dire - puisque j'attends toujours un licenciement économique plus que jamais d'actualité par mon employeur qui saura certainement calmer ces plaies en quelques secondes... pour en ouvrir d'autres. Mais il faut savoir ce qu'on veut dans la vie, non ?

Par Gawoul - Publié dans : In my mind
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