Mercredi 5 août 2009
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18:05
Quelle aubaine cette crise... Franchement. Dans quel contexte le patronat voyou et le gouvernement rapace de Sarkozy-gloire-à-Satan auraient-ils pu faire gober autant de couleuvres à des
employés-électeurs trop bêtes pour le remarquer ? Il est connu qu'en temps de récession, la ferveur patriotique de chaque citoyen prend le dessus sur la législation du travail et autres acquis
sociaux. A l'Elysée, on s'en bidonne encore...
C'est ainsi que des employeurs ont su tirer leur épingle du jeu en faisant passer des modifications au règlement intérieur de leur entreprise sans prendre le risque de voir fleurir un mouvement
syndical intérieur. Il faut faire des économies pour préserver le maximum d'emploi, alors on part travailler le coeur vaillant chaque matin pour laisser respirer notre patron étranglé par ces
lourdes taxes que cette saloperie de Gauche a imposé.
Il n'est plus rare de voir des ouvriers à la chaîne pliés à un horaire bien défini pour aller aux commodités. Gastro-entérites, veillez à la couche Confiance avant d'aller bosser ! Le fait
qu'une compagnie aérienne demande à ses employés de venir travailler gratuitement pendant un mois n'étonne personne. Le travail le dimanche sans contrepartie financière est applaudi par ce peuple
imbécile doté d'une naïveté déconcertante. Sans compter sur les déclarations d'un porte-parole de la majorité au sujet des arrêts maladies et du travail à domicile...
Dernièrement, dans mon contexte professionnel, j'ai relevé une situation semblable dans bon nombre d'entreprises pour lesquelles mes compétences ont été mises en valeur. On pourrait la résumer par
"un sou est un sou" tant je suis bluffé par les résultats des recherches économiques de ces sociétés. Elle touche le nerf sensible de la paresse dans le lieu de travail sans que les employés y
trouvent à redire puisque le patronat crie à qui veut l'entendre que "là où il y a des économies, un emploi est préservé". L'ensemble des salariés gobe donc cette blague sans moufter, effet
crise oblige.
J'ai découvert cette réforme interne commune à beaucoup d'entreprises malgré moi. C'est simple : quand j'ai soif, je vais aller boire à la fontaine d'eau mise à disposition. La surprise ne se fait
pas attendre : il n'y a plus de verres en plastique. Ce n'est pas une faute logistique mais bien un plan économique de la société : "En économisant ces verres, le poste d'archiviste a été sauvé".
Rien que ça. Ajoutons à cela des raisons écologiques indéniables et le salarié bobo versera sa petite larme de fierté d'appartenir à cette société. Celui-ci ira donc s'acheter une tasse dans le
supermarché du coin et contribuera ainsi à la relance économique nécessaire pour notre beau pays. Sur cet élan, les stagiaires et autres prestataires externes seront priés d'aller acheter une
bouteille pour calmer leur soif. Pas mal, non ?
Ce phénomène s'exporte également devant la machine à café. Si cette dernière est toujours présente, il faudra avant de choisir sa boisson en n'omettant pas de fournir la monnaie nécessaire (ayant
augmenté de quelques centimes au passage) placer sa tasse à l'endroit où le gobelet tombait naguère. L'astuce réside du fait que l'employé n'attendra plus de finir son breuvage dans la
salle de repos où se trouvent les poubelles de recyclage pour y jeter son gobelet tout en profitant d'un temps de repos intolérable. Il ira consommer son bien acquis dans son bureau sans broncher
tout en tapotant sur son clavier. Rendement efficace et pas cher. Le patronat peut se frotter les mains.
Cependant, le retour du bâton ne se fait pas attendre. Si l'astuce a duré quelques mois, elle tombe à l'eau de manière si soudaine que le pauvre employeur se retrouve dans de beaux draps. Je répète
qu'il n'y a plus aucun moyen de verser du liquide dans l'entreprise à moins d'avoir acquis de ses propres deniers un joli récipient. Que faire alors lorsque le collaborateur VIP ou le gros
client vient toquer à la porte au petit matin ou juste après le déjeuner ? Inutile de mentionner mon fou-rire vengeur à la vue de la mine déconfite de l'ensemble de la direction...
Moralité : il y aura toujours une justice cachée dans le café...