Mardi 18 août 2009
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L'odeur de l'iode poussée dans nos narines par la chaleur fait place à celle du plastique des cahiers d'école et des nouveaux cartables que l'on s'empresse d'essayer en attendant le jour où
nous retrouverons le bitume de la cour d'école. Le sable fin ne coulera plus entre nos doigts pour un long moment mais nos mains auront la joie d'être envahies par le calcaire de la craie pendant
une dizaine de mois. Le trac ne s'estompe pas, mais au contraire augmente au fur et à mesure que les jours s'écoulent... Est-ce qu'eux seront là pour partager cet abandon
de liberté pour le compte de quatre murs, d'un tableau et d'un instructeur dépressif ? Ou faudra-t-il de plus affronter la curiosité de ces inconnus déjà bien installés sur ce terrain
depuis pas mal de temps ?
Pauvres mômes ! Autant je peux les maudir lorsqu'ils envahissent les couloirs des supermarchés, autant je ne peux que les accompagner dans leur peine sur ce point. Quand le journaliste
sadique vient combler la curiosité des octogénaires adeptes de Pernault en filmant les cris de désespoir qui surviennent, les bras de leurs parents les abandonnant face à leur terrible destin au
seuil de l'école maternelle communale de Saint-Jory.
Le monde de l'enfance n'a décidément rien à envier à celui des adultes. A chaque âge de la vie correspond un traitement houleux qui laisse des traumatismes indélébiles. Seuls nos aïeux se marrent
de voir ces générations afficher la triste mine du chemin des écoliers tandis qu'ils s'apprêtent à monter dans leur camping-car pour refaire les routes de France, sans embouteillage cette fois.
Le cahier de Sudoku et la carte routière posés sur les genoux de Madame, le basset tirant continuellement sa langue à l'arrière, ils vont goûter à cette liberté quotidienne qui n'est disponible
que durant quelques misérables semaines pour l'actif lambda.
Par conséquent, bénir cette canicule n'est pas un acte aussi honteux qu'on pourrait le prétendre...
Par Gawoul
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Publié dans : In my mind
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