J'avoue mes pêchés sans complexe. Y compris ces actes ou ces sentiments qui font de moi un monstre asocial et répugnant lorsque je les énonce à une assemblée horrifiée par de tels propos. Et, entre
nous, cela m'amuse beaucoup de voir ces visages prendre une tournure angoissante ou offusquée quand vous touchez à un sacre ou un tabou. Lorsque vous annoncez que Michel Berger n'a composé que de
la merde, par exemple...
Dans ma confession, j'assume qu'il m'arrive de ne pouvoir communiquer avec une personne tant sa tête ne me revient pas. Je jouis pleinement de ce simple jugement physique qui ferait de vous
cet être superficiel et méprisable par tous. Pourtant, et je pense y déceler un nouveau sens, mes premières impressions sur des individus ne m'ont jamais donné tort : des connards prétentieux et
suffisants, des égocentriques pompeux, des niais à l'insuffisance intellectuelle, j'en ai ramassé des brouettes entières sur le petit sentier de ma vie. Bien que l'on ait tenté de me les imposer,
je n'ai jamais été capable d'entretenir une relation minimale avec celui que j'avais envie de baffer à peine avait-il posé le pied sur le palier. Une aversion physique qui me procurait
hués et lapidation de la part de mes camarades de jeu. Puis, j'ai été satisfait que mon entourage admette enfin la vérité sur le compte de ces tristes individus après quelques mois. Pêché
d'orgueil, bouh pas bien...
Dans le même ressort, il y a ceux ces êtres humains que vous ne supportez plus de voir pour des causes qui s'éloignent du physique. Elles viennent de leur fonction ou de leurs actes. Le drame vient
du fait que ces pauvres martyrs ne sont en aucun cas responsables de votre courroux puisqu'ils n'ont répondu qu'à des directives. Bon, on va mettre le Procès de Nuremberg de côté si tu me le
permets ami lecteur...
Certains jetteront leur frustration sur les inspecteurs des impôts. D'autres sur un pauvre ministre d'ouverture. Pour ma part, c'est
Pierre Dhostel.
Pierre Dhostel, c'est le mec qui fait le téléshopping sur la sixième chaîne hertzienne et accessoirement le fils de Pierre Bellemare. Pas le fils spirituel, non. Le fils biologique du papy qui
raconte des histoires qui font peur à la télé (en somme, ce qui fait vraiment peur, c'est le budget pour filmer les reconstitutions de ces histoires)
Pierre Dhostel est en apparence un garçon irréprochable. Tous les matins, il réveille la ménagère de moins de cinquante ans en lui vantant les mérites du Abdotraining en caoutchouc. Il n'y a
rien de criminel là-dedans si l'on excepte les revendications anticonsuméristes des militants de la section de Léguevin du NPA. Qui plus est, ses yeux bleus et sa bonhomie inspirent plutôt
confiance. Mais pour ma part, ce type est le fruit d'une haine qui remonte à mon enfance. A chaque fois que le zapping m'amène accidentellement vers lui, je ne peux m'empêcher de balancer une
chaussure en direction de mon téléviseur (qui s'avère être plus costaud que je l'imaginais)
La faute à la programmation de son émission dans un créneau horaire qui me satisfait peu à l'époque. Je m'explique. L'âge d'or de la sixième chaîne (mais peu glorieuse en terme d'audiences)
comprenait la diffusion des clips le matin. Tous les jours, lorsque j'étais à l'école, le robinet à musique coulait de 9h à 12h. Le seul moment propice pour scruter ces belles oeuvres
audiovisuelles pour un écolier comme moi était le samedi matin. Hélas, ce jour-là, le robinet faisait place au téléshopping pour la moitié de la matinée. D'où ce courroux qui sera, j'en suis
sûr, compréhensif par mon ami lecteur...
Avec le recul, j'admets que le responsable de la hargne n'est autre que le directeur de la programmation de M6 et non du pauvre présentateur. Mais c'est comme lorsque vous êtes en ligne avec un
technicien de FAI : c'est votre seul contact, donc c'est lui qui prend.
Pauvre Pierrot ! Essayez de donner du bonheur à des ménopausées en pleine déprime, vous recevrez en retour du liquide acnéique dans la gueule...