In my mind

Mardi 18 août 2009
L'odeur de l'iode poussée dans nos narines par la chaleur fait place à celle du plastique des cahiers d'école et des nouveaux cartables que l'on s'empresse d'essayer en attendant le jour où nous retrouverons le bitume de la cour d'école. Le sable fin ne coulera plus entre nos doigts pour un long moment mais nos mains auront la joie d'être envahies par le calcaire de la craie pendant une dizaine de mois. Le trac ne s'estompe pas, mais au contraire augmente au fur et à mesure que les jours s'écoulent... Est-ce qu'eux seront là pour partager cet abandon de liberté pour le compte de quatre murs, d'un tableau et d'un instructeur dépressif ? Ou faudra-t-il de plus affronter la curiosité de ces inconnus déjà bien installés sur ce terrain depuis pas mal de temps ?

Pauvres mômes ! Autant je peux les maudir lorsqu'ils envahissent les couloirs des supermarchés, autant je ne peux que les accompagner dans leur peine sur ce point. Quand le journaliste sadique vient combler la curiosité des octogénaires adeptes de Pernault en filmant les cris de désespoir qui surviennent, les bras de leurs parents les abandonnant face à leur terrible destin au seuil de l'école maternelle communale de Saint-Jory.

Le monde de l'enfance n'a décidément rien à envier à celui des adultes. A chaque âge de la vie correspond un traitement houleux qui laisse des traumatismes indélébiles. Seuls nos aïeux se marrent de voir ces générations afficher la triste mine du chemin des écoliers tandis qu'ils s'apprêtent à monter dans leur camping-car pour refaire les routes de France, sans embouteillage cette fois. Le cahier de Sudoku et la carte routière posés sur les genoux de Madame, le basset tirant continuellement sa langue à l'arrière, ils vont goûter à cette liberté quotidienne qui n'est disponible que durant quelques misérables semaines pour l'actif lambda.

Par conséquent, bénir cette canicule n'est pas un acte aussi honteux qu'on pourrait le prétendre...

Par Gawoul
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Mardi 4 août 2009

Un avantage du prélude à la mise au placard par votre tendre aimé et respecté employeur vient du fait que vous êtes immergé dans un monde que vous ne connaissiez pas jusqu'alors. En effet, si le premier effet Kiss Cool du futur licenciement en SSII est de vous confier une mission en deçà de vos compétences professionnelles (cf. l'histoire de la maintenance préventive que je t'ai déjà raconté sur ces mêmes pages HTML, ami lecteur), le deuxième effet Kiss Cool consiste à vous envoyer chez un client dont la configuration technique vous est inconnue. Ce qui s'est produit le lundi de la semaine dernière lorsqu'arrivé dans les locaux, le client est venu m'accueillir avec un "voilà notre expert en serveurs MAC !" qui confirma alors mes doutes. Je te rappelle, ami lecteur, que je suis un enfant du PC et que malgré une initiation d'une journée à l'outil Apple, le monde du Macintosh est pour moi semblable à la pratique du cunnilingus... C'est dire.

Me voici donc responsable du parc des beaux MacBook et autres MacPro pour mon plus grand bonheur d'insatiable curieux. Une découverte qui ne plaît guère au client puisqu'en droit d'attendre des compétences que je ne dispose pas. Mais soit ! J'ai pour la première fois de ma vie l'opportunité de bidouiller cet étrange objet que je voyais naguère uniquement sur les écrans publicitaires. Youpi tralala...

En attendant de résoudre les problèmes d'utilisateurs grâce à la recherche sous divers forums ou d'obtenir un historique de l'entreprise en terme de configuration du réseau informatique, je pianote sur ce beau clavier design afin de constater les multiples gadgets qu'offre ce système d'exploitation irréprochable... Et je dois avouer que mon amour s'est porté sur le fameux Dashboard et ses widgets épatants. C'est sympa ce truc-là. Bien qu'ayant vu un pâle plagiat sur Vista lors de sa sortie, je suis ébloui par tant d'informations regroupées en un minimum d'espace...

Outre le fait d'accéder à une borne de calcul sans peine ou des prévisions météorologiques de ma belle cité rôseuh pour le restant de la semaine, je peux scruter l'heure de la journée à laquelle sont pliés mes camarades du monde entier. Le tout en un seul clic. Ainsi, je peux plaindre les newyorkais du fait qu'il ne sont pas encore conscient de la journée de merde qu'ils vont passer puisqu'ils se lèvent lorsque nous autres européens y sommes enfouis depuis la moitié du temps légal du travail quotidien. Au même moment, j'envie les indonésiens qui s'apprêtent à laisser la place aux activités extraprofessionnelles quand on sait qu'il nous reste la moitié de la journée à traiter...

C'est alors que je me suis surpris à rêver d'obtenir la nationalité australienne. Certes, le climat est plutôt bon pour un éternel frileux comme moi... Mais le fait que les autochtones ont une dizaine d'heure en avance sur la journée par rapport aux pauvres européens est un avantage dont je rêve de jouir quotidiennement. Pensez donc : lorsque les français arrivent à leur boulot, les australiens en sortent ! Pendant que nous tentons de nous réveiller à grands coups de caféines tout en pensant aux nombreuses heures qu'il nous reste pour sortir de cet ignoble endroit, eux sont tranquillement installés en Aussiebum devant la télé tout en ingurgitant une Foster's bien fraîche... Au même moment, ils ont le confort douillet de leur canapé quand nous nous tuons le dos avec ces chaises ergonomiques dignes d'une quelconque machine de torture moyenâgeuse... Ils auront toujours l'avance sur la journée, sur le pouvoir de vivre leur temps, quand les européens ne savent pas s'ils en ressortiront vivants. En imaginant le jour de la fin du monde, nous pouvons constater d'avance sans prendre de risques que ces gaillards auront eu le temps de jouir d'une journée entière de plus que les autres...

Et c'est sans compter sur le nombre de beaux surfeurs huilés qui y rôdent là-bas... Ca vaut mieux qu'un béret et une baguette sous le bras, non ?

William Scheller - Jetlag.

Par Gawoul
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Mardi 23 juin 2009
Goûter à ce délicieux pouvoir qu'est de briser la frontière entre le réel et les fantasmes. S'enfoncer dans le flou sans pour autant sombrer à la folie : avoir la capacité de garder les pieds sur terre même si la lévitation est indéniable.

Ne plus savoir où l'on se trouve, perdu entre ce que l'on vit et ce que l'on songe. Tout en possédant les moyens cérébraux de nous diriger où bon nous semble sans offusquer ce qui est appelé le monde réel. La pudeur, toujours la pudeur... Conserver ainsi sa crédibilité auprès des siens et de son entourage professionnel tout en dévoilant ce qui nous anime et que l'on cache en temps normal par honte ou par timidité.

S'envoler à notre guise en évitant les marches de la marginalité : tout devient naturel pour ceux qui nous observent, les plus chastes y verront un comportement original. On accepte la bienveillance du regard des autres pour continuer à flotter selon nos passions et nos utopies. En rendant vert de jalousie ceux qui nous envient au passage...

Car oui je t'envie, toi qui vis pour tes désirs sans pour autant négliger les formidables rapports humains. Cette insouciance modérée que j'admire tant et que je souhaite toucher un jour. Si ce n'était pas cette cervelle névrosée qui m'en empêcherait, je t'aurais accompagné sans scrupule dans ce voyage. Mais ma vie est fichue : je reste dans le cadre et m'y enfonce désespérément de jour en jour... Mais là aussi, c'est moi qui aie choisi ce chemin. La peur de pénétrer au-delà de la frontière du réalisable et d'y perdre tous mes moyens a sans doute sa part de responsabilité là-dedans.

Aurais-je un jour les couilles de prendre cet itinéraire s'il se présente à moi ? Va savoir... N'est pas Sam Lowry qui veut. Ca lui est tombé dessus comme une cuillère dorée dans la bouche... Il a eu du bol, lui.

Par Gawoul
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Lundi 22 juin 2009

Etre de retour après deux semaines de vacances, et suite à de longues années sans avoir pris de véritables jours de congés (c'est à dire sans avoir passé la totalité du séjour à l'hôpital ou à emménager le nouveau nid d'amour), c'est comme une rentrée des classes. On aimerait tellement profiter encore un peu de ce repos si mérité, sans forcément se remémorer que ces quinze jours ont été utilisés pour repeindre entièrement l'appartement, et éviter le dur retour du chemin des écoles.

La nuit qui précède ce cycle éternellement renouvelé dégage les plus beaux songes pour laisser place aux angoisses et autres visions cauchemardesques qui tendent à renforcer cette déprime communément appelée le Monday Blues. Fête de la musique aidant, l'ambiance sonore fut semblable à un chaos urbain puisque ce ne sont pas les artistes que j'entendis mais les joyeux drilles qui s'amusaient à briser les quelques bouteilles de bière sur les trottoirs en usant de leurs cordes vocales réglées à un volume sonore bien dérangeant. Le pire est que j'ai tout de même réussi à trouver le sommeil au milieu de ce raffut. Fort malheureusement, je gardais ce fond sonore angoissant en tête pour illustrer des scénarios dont l'absurdité est seulement réalisable dans nos rêves.

Ainsi, j'ai passé une demi-douzaine d'heures à me persuader que Toulouse était en état de siège. Evidemment, tout semblait réel ce qui est caractéristique l'ensemble de ces songes ridicules. La ville est à feu et à sang, les sirènes font les mariolles, je peux voir de ma fenêtre d'épaisses fumées noires un peu partout dans la ville, les cris des voisines s'ajoutent à cet instant de panique, même i-Télé a du mal à communiquer avec son envoyé spécial dont on retrouvera la tête accrochée à son micro brandit par des vandales assoiffés de sang un peu plus tard.

Je me retrouve soudainement allongé sur mon lit, il est six heures du matin. J'entends encore le chaos dans mon quartier. Je me précipite sur mon homme déjà debout afin de partager mon désarroi - puisque je ne sais où il était passé durant toutes ces heures, étant étrangement absent de l'appartement. Visiblement, la guerre civile ne l'émeut pas. Et pour cause : en regardant secrètement Google Actualités, je ne vois pas de révoltes à Toulouse dans les différentes unes. Ce n'était donc qu'un de ces cauchemars stupides qui rendent la rentrée plus difficile... Quant aux bruits de casses et de cris entendus à mon réveil, ce ne sont que les agents municipaux qui font le nettoyage du quartier, là aussi à un volume sonore peu agréable.

J'ai ce Monday Blues qui remonte alors à la gorge : pourquoi n'ai-je donc pas profité de ces dernières heures de répit pour m'enfoncer dans une paix intérieure et prendre ainsi des forces pour aller affronter le patronat ? En pénétrant dans un monde de bisounours qui ne me veut que du bien, par exemple ? Pourquoi cette quinzaine a-t-elle pris fin aussi rapidement ? Pour une fois de plus, et je sais que ces instants sont rares pour le souligner, je regarde mon aimé quittant les lieux pour aller de nouveau justifier son salaire avec beaucoup de soupirs et une gorge nouée. Je sais que d'ici quelques minutes, ce sera à moi d'ouvrir cette porte pour rejoindre le rang des honnêtes travailleurs...

Je reste tout de même optimiste - si j'ose dire - puisque j'attends toujours un licenciement économique plus que jamais d'actualité par mon employeur qui saura certainement calmer ces plaies en quelques secondes... pour en ouvrir d'autres. Mais il faut savoir ce qu'on veut dans la vie, non ?

Par Gawoul
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Vendredi 19 juin 2009

Quels attraits que comporte le vide ! Insouciance, sécurité face aux éventuelles réactions virulentes, nul risque de polémiques, fainéantise cérébrale, application par la pratique de la misère intellectuelle. Des images, des vidéos, des mots pompés ci et là pour combler un devoir d'écrit, que l'on est seul à s'imposer. Pire, pour se donner un semblant d'existence.

L'opportunité de faire du mal à Photoshop afin de se montrer à côté de sa chanteuse ou son actrice favorite. D'attirer pour la énième fois les regards vers Susan Boyle ou une autre personnalité éphémère. De déverser ses albums photos d'acteurs de porno ou de félidés insipides. Ici, la création est inexistante : nous touchons la génération du "moins j'en fais, mieux je me porte". Mais tant que je suis là pour copier-coller, j'ai le sentiment de me rapprocher vers le nirvana de la célébrité. Je me pointe ici, dans ce monde creux et pompeur de vrais talents dans l'espoir d'être reconnu. Car le vide est souvent interprété - hélas - comme le summum de la réflexion ou de la découverte, et par conséquent de la reconnaissance.

Quart d'heure de célébrité tant recherché, mais que sont ces lignes face à l'audace, la créativité, la prise de position ? Ces mots, ces clichés et ces films qui tendent à réveiller nos émotions, de l'acquis à la révolte ? Dont les motivations sont le partage d'idéaux, de connaissances, de sentiments ? Ceux qui méritent réellement de sortir humblement du lot et avoir affaire à des véritables réactions saines même si certaines sont maladroites ?

Qu'il est difficile de se taire quand on n'a rien à dire, comme le disait Pierre Etaix... Mais Pierre Baillargeon est là pour nous rappeler que lorsqu'on n'a rien à dire, on prend le temps pour observer. Et c'est alors que l'on écrit beaucoup. Alors, qu'attendons-nous ?

Est-ce là l'éradication du néant ? Observe autour de toi et regarde ce qui t'émeut. Mets sur papier tes sentiments, n'aie pas peur d'être pointé du doigt : le virtuel dispose de cet avantage qui te protège derrière ton écran. Et fais réagir tes camarades de jeu. Ils ne demandent que ça.

L'exhibition de son propre nombril est tellement formidable lorsqu'il appelle à l'interactivité. Ainsi, le Me, myself and I est loin de paraître superficiel et égocentrique.

Par Gawoul
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Mercredi 3 juin 2009
Les jeux sont faits. Rien ne va plus. Mes congés vont se solder par un renvoi retentissant pour des raisons économiques (jamais les patrons n'ont autant béni cette conjoncture économique : c'est du tout mâché pour licencier sans peine) Et il est toujours plus élégant de faire cette déclaration par courrier, ça évite de se prendre les sentiments de l'employé dans la gueule. P'tet bien que je vais me mettre à glisser NPA dans les urnes, moi.

Me voir ressurgir à la surface de cette immense marée de merde, c'est mission impossible. A peine je scrute l'air extérieur, me proposant enfin le repos de cette bagarre entrepris contre ce sable mouvant qu'est la précarité qu'il y a cette chose venant une fois de plus me prendre les jambes pour retrouver les profondeurs abyssales. Le constat est sans appel : inutile de continuer à se battre dans ce terrain de jeu, il n'y a plus rien à en tirer.

Mais alors pour faire quoi ? Je ne dispose que d'un diplôme très spécialisé et ne possède pas d'antécédents familiaux bourgeois qui me permettraient de reprendre des études à l'aise aux frais de papa et maman. Quant aux économies, elles sont impossibles puisqu'étant rentré très jeune dans la vie étudiante et la vie active, avec des loyers à fournir et de l'alimentation à ingurgiter. Pour ces mêmes raisons, la mode du coach personnel de vie ne passera pas par moi (d'ailleurs, que l'inventeur de cette escroquerie pour bobos soit pendu par les couilles sur le champ)

Ces évènements qui m'ont poussé à émettre ces réflexions ont eu une conséquence qui pourrait me tirer d'affaire. En effet, je me suis remis à courir frénétiquement le long du Canal du Midi au petit matin. Toutes ces minutes de transpiration corporelle qui pourraient enfin aboutir à un physique plus potable que celui que j'affiche ces derniers temps. Ajoutons à cela ma politesse face aux dames d'un certain âge et l'intérêt qu'elles me portent puisque le grand brun que je suis aurait pu être leur fils. D'ailleurs, dernièrement, j'ai eu des éloges de la part d'une pauvre sexagénaire qui peinait à traverser le passage piéton de la rue ainsi que de ma gentille concierge. Tout ceci est dû à mon small talk qui ne cesse d'éblouir mon bordelais de mari. Ma patience, mon bagou et mon attention face à mon interlocutrice me procure un certain succès auprès de cette tranche d'âge.

Alors, pourquoi pas gigolo ? C'est franchement bien payé et je peux facilement accepter de passer outre mon orientation sexuelle pour quelques nuits par mois. Quand on a faim, on y met les moyens... Reste à savourer la réaction de mon cher et tendre face à une telle lubie. Je sens que je vais négocier le robot-mixer tant désiré pour cet été. Ca devrait passer.

Par Gawoul
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Mardi 2 juin 2009
Que peut espérer de mieux un employé lambda sous-payé hormis la possibilité d'effectuer ses tâches quotidiennes avec un air désinvolte et méprisant face à ses donneurs d'ordre, le tout sans conséquence salariale ?

La vie de technicien informatique itinérant m'a apporté beaucoup de fins de contrat ou de fins de mission. Pourtant, jusqu'alors, je me faisais un point d'honneur à garder jusqu'à la dernière seconde de l'embauche l'image du garçon à la réactivité surprenante et à l'intérêt manifeste pour l'utilisateur, quelles que soient les couleuvres qu'il aurait pu me faire avaler durant toute notre collaboration. Mon éducation catholique furtive a encore des restes. Je ne cessais de tendre l'autre joue alors qu'en ces derniers instants, j'aurais pu la jouer véritable salopard. Mais j'y voyais là une réaction puérile et révélatrice de lâcheté.

Est-ce cette page qui se tourne, cette passion pour la profession qui s'échine ou la décision unilatérale de trop qui va me renvoyer sous peu au Pôle Emploi ? Peut-être une question d'astre, d'humeur, de saison. Mais cette fois-ci, je vais succomber à cette gourmandise. Puisque mes derniers temps au sein de ces couleurs que j'ai (sup)portés durant presque deux ans vont s'écouler au sein du monde impitoyable de l'aéronautique et de ces cadres à baffer. Il aurait été dommage de rester coi face à une pièce montée sans oser y toucher, n'est-ce pas ami lecteur ?

Attention : je tiens toujours à garder mon professionnalisme malgré cette conjoncture. Il faut comprendre par là que je continue à honorer la prestation signée par mon employeur et le client. L'utilisateur est ainsi au courant : je viens, je te dépanne, je me tire. Gare à toi si tu oses l'ouvrir. La conséquence de cet acte honteux me fait faire dans le pantalon, dans le sens littéraire du terme : je ne suis pas en âge de porter des protections de ce type sous mes costumes. Il faut comprendre que le pouvoir de museler un chien qui colporte des nuisances dans son quartier est tout simplement jouissif. L'actualité malheureuse y contribue beaucoup dans cette entreprise ("Je suis en droit de disposer d'une souris qui marche sans fil, nom de Dieu ! - Tout comme on est en droit d'exiger de ne pas exploser en plein vol au-dessus de l'Océan Atlantique en montant dans l'avion que vous avez construit") Ca a du bon de suivre frénétiquement i-Télé. Et ainsi comprendre qu'il ne fallait peut-être pas rentrer dans le moule du stress et de l'assouvissement face à une population qui n'en valait surtout pas la peine.

Comme le protagoniste d'un roman jouant avec les éléments détracteurs qui l'ont massacré tout au long de l'intrigue, lorsque l'épaisseur du restant des pages à lire chagrine, je sens que l'histoire touche à sa fin et je désire ardemment connaitre cette happy end qui émeut le lecteur. J'en suis l'auteur puisque c'est autobiographique, je touche ainsi de près l'omnipotence et souhaite manipuler les éléments à ma guise. Tout en gardant dans la tête une moralité, il faut être raisonnable. Mais la victoire sur cette vie laborieuse sera belle, ou me retombera sur le coin de la gueule ce qui ne serait pas peut-être pas démérité...

Par Gawoul
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Mercredi 20 mai 2009
Que vaut une soirée qui propose à nos pauvres corps collants par la transpiration de la canicule de la journée une brise rafraîchissante, accompagnée du son mélodieux des oiseaux insouciants et des voisins bruyants car il y a barbecue ?

Je te le demande, ami lecteur tout autant transporté que moi par un tel don météorologique...

La bonhomie reprend le dessus sur la déprime bourgeoise qui nous anime lorsque les allergies comblent la totalité de notre espace nasal. Un certain optimisme refait surface, laissant de côté cette crise financière qui nous a tous ému. Une insouciance qui risque de faire mal à la rentrée mais on s'en fout... Il nous reste trois mois pour en profiter.

La seule ombre qui pourrait éreinter ce bonheur unanime reste le moustique de type femelle qui viendra nous pomper le sang et les nerfs durant les nuits chaudes. Ces nuits qui en appellent au branchement du ventilateur de sorte à ce que l'air qu'il brassera vienne effleurer nos fesses nues, dévêtues de ces draps qui renforcent cette chaleur corporelle. Eveillant ainsi notre libido renfermée durant neuf mois, à la vue de l'être tant aimé nous offrant l'opportunité de nous rincer l'oeil durant son sommeil.

Les célibataires ne sont pas en reste, il suffit de voir pulluler les jeunes filles et leur top minimaliste ainsi que les beaux mâles et leur corps exhibé par l'aspect moulant de leurs costumes de saison qui envahissent les rues. Sortez, Messieurs-Dames ! La chasse est ouverte...

On peut également penser à nos amis les directeurs de programme des différentes antennes de télévision... Le budget qui leur est confié va enfin souffler : les programmes cheap et les best-of vont remplir les grilles hebdomadaires à un coût moindre.

Dans notre élan d'égoïsme, admettons surtout notre joie de prendre le volant tous les matins pour nous rendre à notre lieu de travail (tout le monde n'a pas la chance de pouvoir partir) puisque les routes seront désertées par les pères et mères de famille, partis envahir celles qui longent les côtes maritimes de notre pays avec des hystériques à la banquette arrière. Le trajet quotidien se fera en deux coups de pédale de frein pour le plaisir de l'automobiliste zen que nous serons.

Il est nécessaire de se contenter de ces petits riens pour surmonter cette vie insipide. Et il est indéniable que c'est en cette période que nous vivons à l'heure actuelle qu'il est plus facile de dénicher ces petits plaisirs personnels. Nul doute, ami lecteur : c'est bien le retour de ce putain d'été...

Par Gawoul
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Lundi 18 mai 2009
Tiens donc ? Nos valeureux sociologues auraient-ils décelé une nouvelle forme de discrimination à l'embauche ? Purée, déjà que l'on est mal barré si l'on dispose d'une couleur épidermique différente de celle de l'employeur ou que l'on a l'audace de porter un nom à force consonance étrangère... C'est pourtant ce qu'a rapporté l'excellent Frédéric Pommier dans sa revue de presse du matin sur France Inter (aux alentours de 8h30, ami lecteur si tu le peux je te conseille d'y jeter une oreille de temps en temps tant la poésie de cet homme est aussi délicieux qu'un petit déjeuner pasteurisé)

L'hebdomadaire Marianne rapporte dans son numéro paru aujourd'hui que la dictature de l'apparence ne concernerait  pas uniquement le monde des arts et des spectacles. Mais également ceux qui touchent l'ensemble des français : l'éducation et la vie active. En effet, un ou une moche aurait 30% de chance en moins d'être embauché s'il se présente face à un employeur avec la même formation, la même expérience et les mêmes prétentions salariales qu'un apollon ou une bimbo. Pire encore, un devoir de composition française quasiment identique sera mieux noté si la copie comporte la photo d'une personne au physique avantageux contrairement à celle qui affichera un laideron.

On pourrait pousser l'analyse vers d'autres domaines : la population trouvera des circonstances atténuantes à une ministre au look soigné style bling-bling qui se présente à des élections européennes et qui ne maitrise pas son sujet (ou qui fait preuve d'un je-m'en-foutisme éloquent lors d'un meeting) alors que ces même citoyens vont conspuer son adversaire politique au physique passable mais qui dispose d'un vrai programme électoral et d'un intérêt indéniable pour ces mêmes enjeux électoraux.

Avec ce recul, je comprends mieux pourquoi M. réussissait ses exposés et ses dissertations au collège alors que mes compositions identiques à celles de ce beau gosse méritaient cinq points de moins. Je saisis désormais l'échec de ces nombreux entretiens d'embauche ou je passais derrière un bellâtre, me reléguant en deuxième position pour le poste convoité. Et je suis certain que le nombre de lecteurs de ce beau blog ne dépasse pas le cap de la cinquantaine par jour parce que mon physique ne peut m'en faire espérer plus... Bande de salauds ! Faut-il que je m'abaisse à prendre des clichés très compromettants pour attirer ce monde pervers et superficiel ?

Rhaaaa, ami lecteur ingrat que tu es ! Te voilà aveuglé par la plastique parfaite et les beaux accessoires ! Tu ne vis que pour voir les pages des soirées VIP en fin d'hebdomadaires traitant de l'indispensable presse people. Ces pages qui pullulent de chic et de charme, te laissant rêveur et attristé de ne pas pouvoir marcher sur les mêmes tapis rouges. Et tu délaisses le fond pour les formes définies par une mode qui nous échappe...

Soit, demain je te mettrai une photo de mon cul. Faut bien bouffer, non ?

Par Gawoul
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Lundi 11 mai 2009
Ils sont séparés par ce fichu grillage, protégeant ainsi le site aéronautique des visiteurs indésirables.

Elle est du côté de la chaussée, la voiture mal stationnée en bordure de trottoir mais ça, c'est une habitude dans la région toulousaine. Les feux de stationnement lui font croire qu'elle est ainsi dans son droit. Elle a un regard très noir, incompatible avec ses cheveux d'un blond clair qui en appelle à la paix. Mais ici, elle est visiblement en colère.

En colère contre ce type, de l'autre côté du grillage. Il est grand, il est noir, il a le bleu de travail qui lui tombe aux genoux. Et il est surtout impatient de finir cette conversation qu'il redoutait tant. Il sait pertinemment que lorsque chacun repartira de son côté, il en aura fini avec ce boulet qu'il traîne (depuis combien de temps, d'ailleurs ?) Il est indéniable que dans cette situation, il est en rapport de force.

Rapport de force renforcé par ce grillage. Derrière cette protection de sécurité basique, rien ne peut lui arriver : les mots qu'elle lui enverra à la gueule ne l'atteindront pas, les coups physiques seront impossibles et si par malheur elle se mettrait à pleurer, il ne pourra pas se sentir obliger de la prendre dans ses bras. Ainsi, il pourra s'enfuir sans avoir de culpabilité ou de honte. Et elle comprendra à ce moment que tout est fini, que les négociations seront vaines, qu'il faudra passer à autre chose. Chacun s'éloignant de cette barrière, se dirigeant vers un horizon différent.

Ca finit toujours comme ça, une histoire. Il y a toujours un lâche et toujours un autre qui en subit les conséquences. Le grillage ne peut que renforcer cet acte de lâcheté. Tout comme une lettre postale, un coup de fil. Voire pire : un SMS ou un mail... Voire le silence qui en dit long.

A toutes celles et tous ceux qui ont pris de plein fouet ce manque de courage, cette hypocrisie, ces interrogations qui prennent la totalité des capacités cérébrales la nuit venue. A celles et ceux qui ont toujours vécu dans la franchise mais qui sont tombés de haut par un tel manque de corones. Je les invite à lever le verre à ces illusions détruites par la lâcheté de ces ignobles individus. Parce qu'il est certain que des jours meilleurs s'incrusteront dans chacune de nos vies. Et parce que ce n'est pas le cas de tout le monde : contrairement à ces salauds, on en vaut la peine...

Amen !

Par Gawoul
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